Les pigeonniers à Auterive

Pigeonnier de Midi-Pyrénées
Un "colombier" (terme utilisé à l'époque féodale) est un petit bâtiment destiné à l'élevage des pigeons, mot qui au XXe siècle est remplacé par celui de "pigeonnier", les deux termes pouvant aujourd'hui être considérés comme synonymes.
Les colombiers sont présents très tôt dans l'histoire de l'homme et dès l'Antiquité, les historiens mentionnent l'élevage des pigeons en volière sur le pourtour de la Méditerranée et au Moyen-Orient. On retrouve les plus anciens en Haute-Égypte et en Perse au 16e siècle avant notre ère, comme l'attesterait une bractée d'or du trésor de Mycènes, sur laquelle figure un colombier sacré.
En France, l'introduction du pigeonnier est sûrement due aux légions romaines et c'est lors des Conquêtes que l'art d'élever des pigeons et de construire des pigeonniers s'est répandu en Europe. En France, on ne connait pas d'exemples de colombiers antérieurs au Moyen-âge.
Au Moyen Âge, la possession d'un colombier à pied, construction séparée du corps de logis, était un privilège du seigneur haut justicier. Les constructions devaient être en proportion de l'importance de la propriété. Un trou de boulin (niche d'un couple de pigeons) correspondait à un arpent de terre, soit environ et suivant la région un 1/2 hectare.
En ce temps-là, un pigeonnier représentait un signe de richesse et de prospérité, mais leur implantation restait liée aux cultures céréalières suivant chaque région. Au XVIIe siècle, on estimait le nombre des colombiers en France à 42 000.
Ce droit féodal fut aboli sous la Révolution le 4 août 1789 et de nombreux pigeonniers furent ensuite détruits, d'autres furent abandonnés.
Les plus anciens colombiers seraient du 14e siècle avec l'apparition des édifices dotés d'un toit remonte au XIVe siècle. En général, les pigeonniers datent des 17e et 18e siècles, exceptionnellement du 16e siècle. Après l'abolition des privilèges en 1789, de nombreux pigeonniers seront construits et de ce fait beaucoup de pigeonniers ne datent que du 19e siècle.
Souvent, ces constructions ne furent plus entretenues et tombèrent de ce fait en ruine, du fait d'une faible rentabilité et surtout avec l'apparition des engrais chimiques contraires à la nourriture des animaux.
L'architecture des pigeonniers variait suivant les régions et si les "ronds" étaient les plus répandus, dans notre environnement on rencontre principalement les carrés souvent sur colonnes, et les pigeonniers "volets" établis sous une toiture ou en façades avec des fermetures amovibles sans oublier les types Toulousain ou "pied de mulet".
La taille du pigeonnier était toujours en rapport avec celle du domaine. Théoriquement, on compte environ ½ hectare par nid.
Ces tours, souvent rondes, parfois carrées, étaient divisées en deux étages, l'étage supérieur étant réservé aux pigeons. Les murs de ces pigeonniers étaient pourvus de trous, ou boulins, où pondaient les oiseaux. Un arbre central, pouvant tourner sur son axe, supportait, au moyen de potences, deux ou quatre échelles, qui permettaient de visiter les boulins pour saisir les pigeonneaux. Les murs étaient lisses sans aucune saillie, afin que les chats ou les bêtes nuisibles ne puissent y grimper.
Les matériaux utilisés pour la construction des pigeonniers sont aussi divers que les régions où ils furent édifiés, avec des briques exclusivement dans la région de Toulouse et la couverture en ardoise, tuiles ou chaume.
L'intérieur du colombier, espace imparti aux pigeons, est divisé en nichoirs appelés boulins. Chaque boulin est le logement d'un couple de pigeons.
Pigeon comestible BIZET
L'intérêt de posséder un pigeonnier repose sur plusieurs critères :
- La production de pigeonneaux dont la chair était très prisée. Forte et rapide capacité de reproduction (toutes les cinq semaines de mars à septembre, un couple pond deux ufs, les couve, les engraisse et recommence). C'est une viande transportable dans des cages ce qui permet de les vendre vivants au marché, pour être tués et consommés au fur et à mesure des besoins.
- La production d'engrais (fiente appelée colombine).
- Ils servaient aussi au dressage des faucons pour la chasse.
Au début du 20e siècle, on constate que les pigeons abandonnent les constructions traditionnelles pour s'installer le plus souvent en ville où ils occupent des constructions dont la verticalité leur convient parfaitement (églises en particulier et anfractuosités des bâtiments, halls de gares...). Le pigeon de ville est le descendant du pigeon domestique, lui-même issu du pigeon biset initialement sauvage. La durée de vie moyenne d'un pigeon en ville est de 6 à 8 ans.

