Vestiges du pont roman d'Auterive
De l'époque médiévale il nous reste un pont, ou du moins une arche de pont qui est restée debout, car elle était construite sur la terre ferme et n'eut pas de ce fait à subir les méfaits de la crue de 1599.

Coll. H Bardies (Carte ayant circulé en 1910)
Nous sommes en 1910 et l'arche du pont, laissée à l'abandon, est envahie par les herbes et les ronces.
Le pont ROMAN d'Auterive (et non le pont romain comme quelquefois mentionné par erreur) date du XIIe siècle.
Si des découvertes archéologiques démontrent que le site d'Auterive était occupé depuis la préhistoire, de cette époque médiévale il nous reste un pont ou du moins une arche de pont.
On note tout d'abord que les premiers habitants de la Ville avaient, compte tenu de la configuration de l'Ariège en ces lieux et de la période d'étiage qui correspond statistiquement à la période de l'année où son débit atteint son point le plus bas, la facilité de franchir la rivière à gué à pied ou à dos d'animal sans s'embourber ni être emportés par le courant. Mais pendant les grosses eaux la traversée devenait difficile pour ne pas dire impossible. Dans les temps passés, alors que les ponts étaient rares, les gués ont joué un rôle économique et militaire important.
Mais l'essor économique de la cité qui s'accompagne d'un développement démographique, important pour l'époque, provoque l'expansion de la ville haute vers la rive gauche et l'installation au XIIIe siècle de quelques maisons de pêcheurs et de paysans, regroupées autour de l'église de la Madeleine qui s'appuiera sur la dernière arche du pont. C'est ainsi que naît un nouveau quartier, appelé le Bout du pont (aujourd'hui la Madeleine)
Pour des raisons de facilité et de sécurité, il était devenu indispensable de construire un pont.
Cet ouvrage va rapidement devenir un axe de communication très apprécié pour se rendre des fertiles terres du Lauragais vers les vallées de l'Ariège et faciliter les échanges générés par ses nombreux marchés et foires de la commune et des environs avec en particulier le comté de Foix et le diocèse de Rieux .
Avant la confection des grands-routes et la chute du pont, toutes les marchandises du Bas-Languedoc et de la Méditerranée pour la Haute-Gascogne, la Bigorre, le Béarn et le port de Bayonne, passaient par "Autherive" et vice versa, pour éviter des cotes très dures, des chemins de sable, et surtout emprunter pour des chemins plus courts. Il en allait de même entre les provinces de Guyenne et celle du Languedoc

Coll. H Bardies (Carte ayant circulé en 1906)
Vers la fin du XIXe siècle, l'arche du pont est plus
présentable,
alors que sous sa voute on aperçoit son remplaçant
construit 233 ans après.
Cette arche, la quatrième de l'ouvrage (entre les piles 3 et 4, voir plan page suivante) se trouvait sur la berge de la rive droite qui lui servait de culée*. De ce fait, elle est restée pratiquement intacte lors des inondations qui ont détruit les autres arches* et piles* entrainant une partie du tablier* du pont lors d'une grande crue en janvier 1599.
Sur l'autre rive de la rivière, la culée s'appuyait sur l'actuelle Place de la Vieille Église, et l'on peut y voir la partie qui est restée accrochée. (photo ci-dessous)
Coll. H Bardies (2010)
Culée rive gauche : Pour l'apercevoir, il suffit de se rendre Place de la Vieille Église et de se pencher légèrement sur le parapet.
* La pile d'un pont est un appui intermédiaire, massif et permanent, supportant le tablier de louvrage.
* Le tablier constitue la partie qui supporte les voies de circulation.
* La culée d'un pont est la partie située sur la rive destinée à supporter le poids du tablier.
* L'ensemble des charges appliquées au pont est reporté sur les voûtes (arches) qui les transmettent aux culées, situées sur les rives où elles servent de point d'appui.
