Le pont Roman construit au XIIe siècle servait naturellement de trait d'union entre la vieille ville (aujourd'hui quartier de Saint-Paul) et ce qui n'était alors qu'un petit faubourg (aujourd'hui quartier de la Madeleine).
Ce pont reliait la place du Mercadal (aujourd'hui place occupée par la Poste) à la petite place du Bout du Pont (aujourd'hui place de la Vieille Église). Voir plan d'implantation. ATTENTION : pour revenir ici, fermez simplement la fenêtre qui contient le plan.
De cette place, on débouchait sur la Rue du Bout du Pont, aujourd'hui Rue Gambetta. La rue Jean Jaurès qui s'appelait Grand'Rue de la Madeleine puis Avenue de la Gare n'avait pas encore été percée.
Lorsqu'en 1599 le pont Roman fut détruit lors d'une inondation de l'Ariège, les deux rives du fleuve restèrent coupées pendant plus de 200 ans (à l'exception d'un bac de secours), jusqu'en 1832 où un nouveau pont fut enfin construit.
La population très modeste était composée de laboureurs, de brassiers, de pêcheurs et de marins. Peut-être faut-il voir dans cette origine populaire la raison du choix de Marie Madeleine comme patronne de la nouvelle église. Marie de Magdala, surnommée la Magdeleine... Même repentie, même sanctifiée, elle restait la Madeleine, une pauvre fille issue du peuple, proche du peuple. (Le canton d'Auterive de L. Latour et Arec31)
De nos jours, on peut à l'aide d'un pendule retrouver les fondations de cette église. Mr L. Gaubert se fera un plaisir de vous les faire découvrir.
Mais au début du XIXe siècle, cette église se révéla trop petite pour les 1500 habitants qui avaient définitivement pris pied sur cette rive, et une nouvelle et actuelle église fut construite un peu plus loin et inaugurée en 1863 et son clocher terminé en 1871.
Quant à la vieille église, elle fut rachetée en 1862 par Casimir Pons pour la somme de 5000 Frs. Ruinée par l'inondation de 1875, elle fut rachetée par la commune à Firmin Pons, fils de Casimir, en 1892 pour 2500 F. La municipalité fit alors démolir l'ancien bâtiment dont les matériaux servirent à créer l'Esplanade (aujourd'hui Place de la Madeleine), soutenue par un parapet, où fut bientôt aménagé un jardin public. (Le canton d'Auterive de L. Latour et Arec31)
Jusqu'en 1920/1930, cette place à l'ombre de ses nombreux acacias était recouverte d'herbe et accueillait des oies, des canards, des poules et même une vache dont l'étable se trouvait à proximité. Un puits avec une pompe à bras, aujourd'hui enlevée, mais dont l'orifice n'a été qu'obturé, assurait les besoins en eau des habitants et des animaux du quartier.
Vers 1935, la gendarmerie qui se trouvait à St-Paul vint s'installer dans les locaux actuellement occupés par un Centre Médical.
Le 29 février 1948 fut planté l'Arbre de la Liberté.

Coll. F Dédominici
Lorsqu'en février 1948 fut construit le bassin, à l'occasion des travaux de terrassement, furent mis à jours des ossements humains ce qui a permis d'avancer deux hypothèses :
- La première hypothèse émise penche pour la présence d'un cimetière paroissial, autour de l'église comme il était habituel d'en ouvrir pour y inhumer les défunts. Toutefois, il ne faut pas oublier la proximité du cimetière qui se trouvait à l'emplacement actuel du Monument aux Morts de la Madeleine (Place De Lattre de Tassigny) et ces vestiges de la Place du Bout du Pont ne correspondent pas forcément à des tombes traditionnelles. Par contre, quelques plaques mortuaires furent retrouvées dans l'ancienne gendarmerie.
- La deuxième hypothèse avancée soutient plutôt la survenance d'épidémies à forte mortalité et l'enfouissement des corps dans des fosses communes.
Quelle hypothèse paraît la plus plausible ? Aucune à ce jour na été prouvée.

Coll. F Dédominici (Carte ayant circulé en 1978)
Vers l'an 1956, mais aujourd'hui plus de rosiers.

Coll. H Bardies (2010)
C'est un peu tristounet !

Coll. F Dédominici
Cette vue permet de situer la Place de la Vieille Église dans son environnement,
à proximité de l'Oustal et de l'Ariège .
Il y a fort longtemps (quand ???) à droite de l'escalier, au fond de la Place de la Vieille Église qui s'appelle ainsi de nos jours, existait un parcours qui permettait de rejoindre la Place Albert Thomas, dénomination actuelle de cette esplanade. Ce passage direct suivait en fin de parcours une allée bordée de platanes, qui sont toujours présents, mais aujourd'hui énormes, et il portait le nom de "Vieux Chemin".
Plus tard (quand ???) quelques maisons qui se trouvaient le long de ce passage étendirent leur emprise sur ce chemin, ce qui eut pour effet d'en condamner la libre circulation, et il n'est plus possible d'emprunter cette liaison.
Aujourd'hui, au fond de cette place existe un escalier (aux marches abruptes) construit dans le parapet qui borde les rives de l'Ariège qui mène quelques mètres plus loin à un second qui permet de remonter sur la Place Albert Thomas, qui longe la rue du même nom. Ces escaliers qui dateraient de 1930 ? auraient-ils été édifiés pour "compenser" l'emprise du chemin ?
